L’Appel de Meher Baba

 
  par Meher Baba  
 

D’âge en âge, quand la flamme de la rectitude vacille, l’Avatar revient pour ranimer la torche de l’amour et de la vérité. Âge après âge, au milieu du bruit et de la fureur de la guerre, de la peur et du chaos, l’Avatar ne cesse de clamer : « Venez tous à Moi. »

Et même si la chappe de l’illusion fait que cet appel de l’Eternel résonne comme une voix dans le désert, l’écho en subsiste à travers le temps et l’espace et va réveiller de leur lourd sommeil d’ignorance quelques-uns d’abord, puis des millions et des millions.

 

 
 
  Au cœur de l’illusion, Voix derrière toutes les voix, elle appelle l’humanité à témoigner de la présence de Dieu parmi les hommes.

   

Le temps est venu. Je vous le répète, venez tous à moi.

Mon appel réjouit le cœur de ceux qui ont tout enduré patiemment pour l’amour de Dieu et qui n’ont aimé Dieu que pour l’amour de Dieu. Il y en a d’autres qui ont peur et qui tremblent, et qui voudraient fuir ou lui résister. Et d’autres encore sont troublés et n’arrivent pas à comprendre pourquoi le Très-Haut doit faire cet appel à l’humanité.

Malgré les doutes ou les convictions des gens, je reviens comme Avatar à cause de l’infini que je ressens pour chacun et pour tous. Soumis au jugement de l’humanité ignorante, je reviens quand même pour aider l’homme à distinguer le vrai du faux.

Au début, on ne fait pas très attention à l’appel divin car il est étouffé dans les plis du manteau d’infinie et véritable humilité de l’Éternel. Puis grâce à sa force, il augmente de volume jusqu’à être entendu dans d’innombrables cœurs et être reconnu comme la voix de la réalité.

De la force naît l’humilité. La modestie dénonce la faiblesse. Seul celui qui est vraiment grand peut être vraiment humble.

Quand un homme admet sa véritable grandeur en toute connaissance de cette grandeur, il exprime l’humilité. Il a accepte sa grandeur comme parfaitement naturelle, et se contente d’exprimer ce qu’il est, tout comme un homme n’hésiterait pas à admettre qu’il est un homme.

Si un véritable grand homme, qui se sait être véritablement grand, niait sa grandeur, il déprécierait ce qu’il est. La modestie appelle le déguisement, la vraie grandeur n’a pas à se dissimuler.

Mais si un homme parle d’une grandeur qu’il sait très bien ne pas avoir, cet homme est le plus grand des hypocrites.

L’honnête est celui qui, sachant qu’il n’est pas grand, reconnaît avec franchise et fermeté qu’il n’est pas grand.

Beaucoup, qui ne sont pas grands, affichent un air humble, bien qu’ils soient convaincus de leur propre valeur. Ils ne cessent d’exprimer leur humilité, en paroles et en actions et font profession de serviteurs de l’humanité.

Une apparence d’humilité n’est pas la véritable humilité. La véritable humilité émane spontanément et continuellement de la force de ceux qui sont vraiment grands. On ne devient pas humble en proclamant qu’on l’est. Le perroquet peut répéter sans fin « Je suis un homme », cela ne fera pas de lui un homme.

Ne pas posséder la grandeur vaut mieux que de se l’inventer en faisant montre d’humilité.

Ces efforts d’humilité ne démontrent aucune force ; bien plutôt, ils sont l’expression d’une modestie née d’une faiblesse qui est le résultat d’un manque de connaissance de la réalité.

Prenez garde à la la modestie. Sous les dehors de l’humilité, elle entraîne l’homme dans les affres de l’auto-illusion. La modestie alimente l’égoïsme et l’homme se laisse finalement aller à l’orgueil, entraîné par une soi-disant humilité.

La plus grande des grandeurs et la plus grande des humilités vont de pair naturellement et sans effort.

Quand le Plus Grand de tous dit : « Je suis le Plus Grand », ce n’est que l’expression spontanée d’une vérité infaillible. La force de Sa grandeur ne réside pas dans la résurrection des morts. mais dans Sa profonde humiliation, lorsqu’il Se permet d’être ridiculisé, torturé et crucifié par ceux qui sont faibles de corps et d’esprit. A travers les âges, l’humanité n’a pas été capable de prendre la mesure des profondeurs d’humilité sur lesquelles s’élève la grandeur de l’Avatar. Ils jugent Sa divinité par les standards que les religions leur ont fournis. Et même les vrais saints et les sages, qui pourtant ont une certaine connaissance de la vérité, n’ont pas su comprendre la grandeur de l’Avatar quand ils ont été mis en présence de Son humilité réelle.

L’histoire se répète à travers les âges. Dans leur ignorance, leurs limitations, et leur orgueil, hommes et femmes s’érigent en juges du Dieu fait homme qui déclare Sa Divinité, et Le condamnent pour avoir énoncé des vérités qu’ils ne peuvent comprendre. Mais Il est indifférent aux injures et aux persécutions, car dans Sa véritable compassion, Il comprend ; dans Son expérience de la réalité, Il sait ; et dans Sa miséricorde infinie, Il pardonne.

Dieu est tout, Dieu sait tout, Dieu fait tout. Quand l’Avatar proclame qu’Il est l’Eternel, c’est Dieu qui proclame Sa manifestation sur terre. Quand l’homme parle pour ou contre l’Avatar, c’est Dieu qui parle par sa bouche. C’est Dieu seul qui Se proclame à travers l’Avatar et à travers l’humanité.

Je vous dis, avec toute mon autorité divine, que vous et moi ne sommes pas nous, mais Un. Inconsciemment vous ressentez en vous ma condition d’Avatar. Je ressens consciemment en vous ce que chacun de vous ressent. Ainsi chacun de vous est l’Avatar, dans le sens où chacun et chaque chose est Chacun et Chaque Chose, tout en même temps et pour tout le temps.

Il n’y a rien d’autre que Dieu. Il est la seule réalité et nous sommes tous un dans l’Unicité indivisible de cette réalité absolue.

Quand celui (homme) qui a réalisé Dieu, dit : « Je suis Dieu, vous êtes Dieu, et nous sommes tous Un » et quand il éveille aussi ce sentiment dans Ses différents « moi » enchaînés à l’illusion (l’humanité), il n’est plus question de grands et petits, riches et pauvres, humbles et modestes, bons et mauvais. L’homme est conduit à faire des distinctions illusoires et à classer les résultats par catégories, en raison de son idée erronée de dualité.

J’affirme et je répète dans mon expérience éternelle de la réalité : il n’y a pas de différence entre les riches et les pauvres. Si pourtant se posait encore à moi la question de la différence entre l’abondance et l’indigence, je considérerais comme un véritable pauvre celui qui posséderait des richesses terrestres mais serait privé de la fortune d’aimer Dieu. Je saurais que celui qui n’aurait rien en propre, mais posséderait le trésor de l’amour de Dieu, celui-là serait vraiment riche. Sa pauvreté cause l’envie des rois et elle fait son esclave du Roi des rois.

Aux yeux de Dieu, la seule différence entre les riches et les pauvres est l’intensité et la sincérité de leur désir de Dieu.

Seul l’amour de Dieu peut faire découvrir la fausseté de l’ego, base de la vie éphémère. Seul l’amour de Dieu peut vous apporter la découverte de l’ego illimité, base de l’existence éternelle. L’Ego Divin s’exprime continuellement, mais l’homme aveuglé par le voile de l’ignorance ne sait pas comprendre cet Ego indivisible et l’interprète comme un ego limité et séparé.

Ecoutez bien quand je dis, avec mon autorité divine, que l’unicité de la réalité est dans tout et est tout à fait illimitée.

Ainsi, non seulement nous ne sommes qu’un, mais le terme collectif « nous » n’a pas sa place dans l’Unicité infinie et indivisible.

Sortez de votre ignorance et essayez au moins de comprendre que, dans cette Unicité complètement indivisible, il y a non seulement l’Avatar Dieu, mais aussi la fourmi et le moineau, et chacun et vous tous n’êtes que Dieu. La seule différence apparente est dans les états de conscience.

L’Avatar sait que le moineau n’est pas un moineau, alors que le moineau n’en n’a pas conscience. Ignorant de son ignorance, il s’identifie comme moineau.

Ne vivez pas dans l’ignorance. Ne perdez pas votre temps précieux à classer et juger votre prochain, mais apprenez à désirer ardemment l’amour de Dieu. Même au sein de vos activités terrestres ne vivez que pour trouver et réaliser votre véritable identité avec votre Dieu bien-aimé.

Soyez purs et simples, et montrez votre amour pour tous, car tous sont Un. Menez une vie sans hypocrisie, soyez naturels et honnêtes avec vous-mêmes.

L’honnêteté vous préservera de la fausse modestie et vous donnera la force de l’humilité vraie. N’épargnez aucune peine pour aider autrui. Ne cherchez d’autre récompense que le don du divin amour. Aspirez à ce don sincèrement et intensément, et je vous promets au nom de mon honnêteté divine, de vous donner beaucoup plus que ce à quoi vous aspirez.

Je vous donne ma bénédiction pour que l’étincelle de mon amour divin implante dans vos coeurs le désir ardent et profond de l’amour de Dieu.


 


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Meher Baba